Le NICE supprime la thérapie psychologique de ses recommandations sur la lombalgie

Août 21, 2026

En bref

  • Le 29 juillet 2026, le NICE a retiré la recommandation 1.2.13 relative à la thérapie psychologique pour le traitement des lombalgies, accompagnées ou non de sciatique.
  • Le NICE a également retiré la recommandation 1.2.14 relative aux programmes combinant une approche physique et psychologique.
  • Le NICE a modifié la recommandation 1.1.3 en supprimant les références à la stratification des risques comme moyen d'accéder à un traitement combiné physique et psychologique.
  • Recommandation 1.2.7 modifiée par le NICE. La thérapie manuelle ne doit désormais être envisagée que dans le cadre d'un programme thérapeutique incluant des exercices physiques.
  • Le NICE n'a pas modifié ses recommandations concernant l'imagerie médicale, l'autogestion, l'activité physique en groupe, les médicaments contre la sciatique, les traitements invasifs et l'accompagnement à la reprise du travail.

Ce que le NICE a réellement retiré du document NG59

Le NICE a entièrement retiré deux recommandations thérapeutiques lors de la mise à jour de la guide NG59, le 29 juillet 2026. La recommandation 1.2.13 conseillait aux cliniciens d’envisager une approche cognitivo-comportementale de la thérapie psychologique dans le cadre d’un programme incluant de l’exercice physique. La recommandation 1.2.14 préconisait des programmes combinant activité physique et prise en charge psychologique pour les personnes souffrant de lombalgie chronique ou de sciatique, lorsque les obstacles psychosociaux étaient importants ou que les traitements antérieurs avaient échoué.

Le NICE a fondé ces deux retraits sur sa décision de surveillance. Les examens de surveillance visent à déterminer si de nouvelles données ou des changements dans la pratique clinique imposent au NICE de mettre à jour, de remplacer ou de supprimer des recommandations existantes. La page mise à jour des recommandations NG59 fait état de ces retraits, mais ne remplace pas les recommandations supprimées par une autre intervention psychologique spécifique.

Deux autres recommandations restent en vigueur, avec une formulation plus restrictive. La recommandation 1.1.3 continue de préconiser une stratification des risques dès le premier contact lorsque celle-ci peut éclairer la prise de décision partagée, mais le NICE a supprimé la référence à l’orientation des patients à haut risque vers un traitement reposant sur une approche psychologique. Les kinésithérapeutes peuvent toujours recourir à la stratification pour évaluer le niveau de prise en charge dont un patient est susceptible d’avoir besoin, bien que la NG59 ne mentionne plus une prise en charge combinée physique et psychologique comme objectif final.

La recommandation 1.2.7 autorise toujours la thérapie manuelle, notamment la manipulation, la mobilisation ou les techniques visant les tissus mous, mais uniquement dans le cadre d'un programme thérapeutique comprenant des exercices physiques. Le NICE a supprimé les termes qui permettaient d'inclure la thérapie psychologique dans ce programme. L'interdiction de proposer la thérapie manuelle en tant que traitement autonome reste inchangée.

Cette distinction est importante car les recommandations 1.2.13 et 1.2.14 ont été entièrement supprimées, tandis que les recommandations 1.1.3 et 1.2.7 ont été conservées à l'issue de modifications ciblées. Le NICE n'a pas retiré la recommandation générale. Ses conseils concernant l'imagerie médicale, l'autogestion, l'activité physique en groupe, l'accompagnement au retour au travail, les médicaments contre la sciatique et les traitements invasifs restent en vigueur, sauf modification distincte.

Avant et après : les recommandations concernées

La mise à jour de juillet 2026 a supprimé deux recommandations et en a modifié deux autres. Le texte ci-dessous, datant d'avant la mise à jour, a été condensé pour en faciliter la lecture.

Recommandation Avant juillet 2026 Situation actuelle et évolution
1.1.3 La stratification des risques pourrait permettre d’orienter les patients présentant un risque faible vers un accompagnement plus simple, et ceux présentant un risque élevé vers un accompagnement plus intensif. Parmi les exemples cités figuraient l’activité physique, la kinésithérapie et une approche psychologique. La recommandation est maintenue, mais le NICE a supprimé la référence à une approche psychologique.
1.2.7 Les cliniciens pourraient envisager la thérapie manuelle uniquement dans le cadre d'un programme de traitement comprenant des exercices physiques, accompagnés ou non d'une thérapie psychologique. La thérapie manuelle ne reste une option que dans le cadre d'un programme thérapeutique comprenant des exercices physiques. Le NICE a supprimé la thérapie psychologique du libellé de ce programme.
1.2.13 Les cliniciens pourraient envisager la thérapie psychologique cognitivo-comportementale uniquement dans le cadre d'un programme comprenant de l'exercice physique, associé ou non à une thérapie manuelle. Le NICE a retiré cette recommandation à la suite de sa décision de surveillance.
1.2.14 Les cliniciens pourraient envisager un programme associant prise en charge physique et psychologique en cas de symptômes persistants, lorsque des obstacles psychosociaux entravent le rétablissement ou que les traitements antérieurs ont échoué. Le NICE a retiré cette recommandation à la suite de sa décision de surveillance.
Recommandations non concernées La directive NG59 limitait le recours à l'imagerie de routine, encourageait l'autogestion et la pratique d'exercices en groupe, fixait des règles thérapeutiques pour la sciatique et abordait la question des traitements invasifs. Ces domaines restent inchangés. Les modifications et recommandations de 2020 concernant le traitement de la sciatique, notamment les injections et la chirurgie, n’ont pas été modifiées par la mise à jour de juillet 2026.

Pourquoi cela rompt avec une décennie de pratiques fondées sur le programme STarT Back

La recommandation 1.1.3 a donné à la stratification des risques une incidence directe sur la prise en charge dès le premier contact. Un kinésithérapeute pourrait utiliser un outil tel que STarT Back pour évaluer le risque de handicap persistant d’un patient, puis orienter les patients à faible risque vers un accompagnement plus simple et ceux à haut risque vers des soins plus intensifs. Pour les cas à haut risque, la NG59 a explicitement inclus une approche psychologique dans ce parcours de soins.

Cette formulation a influencé la formation, les parcours de soins locaux et la conception des services après 2016. Les kinésithérapeutes ont appris à évaluer des facteurs tels que la peur du mouvement, la détresse, l’évitement et le manque de confiance en soi, car la catégorie de risque qui en résultait pouvait justifier l’orientation vers un programme combinant prise en charge physique et psychologique. STarT Back a donc joué un rôle allant au-delà d’un simple questionnaire pronostique dans la pratique courante. Cet outil a souvent permis de déterminer le type de prise en charge dont bénéficierait un patient.

La mise à jour de juillet 2026 supprime le lien explicite établi par le NICE entre un score de risque plus élevé et le recours à une prise en charge psychologique. Les kinésithérapeutes peuvent toujours utiliser des outils de stratification des risques pour orienter le pronostic, la communication, la fréquence des suivis ou l’intensité de la prise en charge physique. Cependant, la recommandation NG59 ne préconise plus de parcours de soins standard dans lequel le niveau de risque en lui-même orienterait vers une intervention combinée physique et psychologique.

STarT Back n’a pas été retiré de la liste des outils d’évaluation, et cette mise à jour n’invalide pas tous les plans de prise en charge élaborés à partir de cet outil. Le changement concret concerne la manière dont vous donnez suite au résultat obtenu. Une classification « à haut risque » permet d’identifier la complexité de la situation, mais ne constitue plus un fondement normatif pour une orientation vers un psychologue au titre de la directive NG59. Les services locaux peuvent toujours proposer un accompagnement psychologique dans le cadre d’autres recommandations, de parcours de soins mandatés ou d’évaluations cliniques individuelles.

Les documents relatifs à la formation en kinésithérapie et aux parcours de soins pourraient désormais devoir être révisés lorsqu’ils présentent les soins combinés comme la réponse NG59 attendue en cas de score de risque élevé. Le dépistage peut rester utile, mais les cliniciens doivent distinguer la prédiction du risque d’une recommandation thérapeutique que le NICE a retirée.

Ce qui change dès le premier contact et ce qui ne change pas

Dès le premier contact, les kinésithérapeutes ne doivent plus recourir à l’échelle de stratification des risques NG59 pour orienter un patient vers une thérapie psychologique ou un programme combinant prise en charge physique et psychologique. Les cliniciens peuvent toujours évaluer le pronostic et les obstacles psychosociaux, mais la recommandation 1.1.3 mise à jour ne prévoit plus de prise en charge plus intensive pour les personnes présentant un risque accru de mauvais résultats. Les outils d’évaluation des risques peuvent éclairer le raisonnement clinique, mais ils ne déclenchent plus un parcours de soins combiné approuvé par le NICE.

Cette suppression n'interdit pas les orientations vers la psychologie de la douleur. Un kinésithérapeute peut toujours envisager une telle orientation lorsqu'une évaluation individuelle, une autre recommandation ou un parcours de soins mis en place localement le justifie. Les cliniciens doivent documenter la raison de l'orientation plutôt que de présenter la thérapie psychologique comme une recommandation standard de la norme NG59.

La plupart des mesures de prise en charge initiale restent inchangées. Les kinésithérapeutes doivent donner des conseils d'autogestion, encourager la poursuite d'une activité normale et envisager des exercices en groupe lorsque cela est approprié. Le NICE maintient également ses recommandations en faveur du retour au travail. La thérapie manuelle reste une option uniquement dans le cadre d'un programme de traitement comprenant des exercices, bien que la recommandation 1.2.7 ne fasse plus référence à la thérapie psychologique.

Cette mise à jour restreint donc les options thérapeutiques recommandées, sans pour autant écarter la prise en charge biopsychosociale des troubles musculo-squelettiques. Les facteurs psychologiques et sociaux peuvent toujours influencer la communication, la définition des objectifs, l’observance du traitement et la planification du retour au travail. L’analyse du modèle biopsychosocial proposée par Physitrackoffre un contexte plus large pour l’application de ce cadre, sans pour autant considérer chaque obstacle psychosocial comme une indication pour une thérapie psychologique formelle.

Dans le cadre d'une prise en charge axée sur l'activité physique, les cliniciens doivent toujours choisir un programme adapté, en expliquer l'objectif et évaluer la réponse du patient. Les outils proposés par Physitrackpour les programmes d'exercices à domicile peuvent faciliter la mise en œuvre de ces exercices et l'autogestion entre les consultations, tandis que les décisions cliniques restent du ressort du kinésithérapeute traitant.

Réponse à un patient qui s'attendait à être orienté vers un psychologue

Les patients doivent savoir que le NG59 a modifié ses recommandations, et non pas que les facteurs psychologiques n'ont plus d'importance. Le NICE a retiré la thérapie psychologique et les programmes combinant prise en charge physique et psychologique à l'issue de son processus de suivi des données probantes. Cette mise à jour modifie les recommandations de la directive concernant la prise en charge de routine des lombalgies.

Un kinésithérapeute pourrait expliquer cette position en ces termes : « Le NICE a revu ses recommandations et ne préconise plus l’orientation vers une thérapie psychologique ou un programme combiné comme prise en charge standard en cas de lombalgie ou de sciatique. Nous continuerons à évaluer l’impact de la douleur sur votre activité, votre travail, votre sommeil et votre confiance en vous, et nous organiserons vos soins en fonction de vos besoins actuels. »

Le retrait de cette recommandation ne signifie pas pour autant que le soutien psychologique ne puisse jamais aider un patient en particulier. La directive NG59 n’oriente plus les kinésithérapeutes vers cette voie, mais une autre directive, une évaluation spécialisée ou un service mis en place au niveau local peuvent toujours justifier une orientation vers ce type de prise en charge. Les cliniciens doivent expliquer les options disponibles localement et éviter de promettre un accès que la directive mise à jour ne préconise plus.

Les orientations existantes méritent un examen au cas par cas plutôt qu’une annulation automatique. Le praticien à l’origine de l’orientation doit se demander pourquoi celle-ci a été émise, si une autre pathologie ou un autre besoin clinique la justifie, et ce que propose le service local. L’activité physique, les conseils d’autogestion, l’accompagnement à la reprise du travail et la thérapie manuelle, dans le cadre d’une prise en charge intégrant l’activité physique, restent disponibles ; les patients doivent donc sortir de cet entretien avec un plan clair pour la poursuite de leur prise en charge.

La place de l'activité physique et de l'autogestion aujourd'hui

Le NICE continue de placer l’exercice physique et l’autogestion accompagnée au cœur de la prise en charge des lombalgies. Les kinésithérapeutes doivent fournir des informations personnalisées, encourager les patients à poursuivre leurs activités habituelles et envisager des programmes d’exercices en groupe adaptés aux besoins et aux préférences de chacun.

Les kinésithérapeutes peuvent transformer ces recommandations en un programme clair, comprenant des exercices convenus, une progression réaliste et un suivi régulier. Les retours des patients concernant la douleur, les difficultés rencontrées et la réalisation des exercices peuvent servir de base aux ajustements entre les consultations. La thérapie manuelle reste une option uniquement dans le cadre d’un programme de traitement incluant des exercices.

Les programmes d'exercices à domicile permettent de prolonger les soins supervisés dans la vie quotidienne. Physitrack Ils permettent aux professionnels de santé de prescrire des exercices via PhysiApp et d'évaluer la réalisation des exercices, le nombre de séries et de répétitions, la douleur et le niveau de difficulté à chaque séance. Ces données peuvent servir de base aux entretiens de suivi et aider les professionnels de santé à adapter le programme lorsqu'un patient rencontre des difficultés ou progresse.

Les conseils en matière d’autogestion doivent également préparer les patients à faire face à l’évolution de leurs symptômes sans dépendre inutilement des consultations. Des instructions claires peuvent leur indiquer quelles activités poursuivre, comment intensifier progressivement leurs exercices et à quel moment contacter le service clinique pour une réévaluation.

Foire aux questions destinée aux kinésithérapeutes

Cette mise à jour s'applique-t-elle aux plans de soins existants ?

Les recommandations du NICE orientent les décisions cliniques actuelles, mais n’entraînent pas automatiquement l’annulation des plans existants. Les kinésithérapeutes doivent réexaminer les demandes d’orientation concernées et les programmes combinés à la lumière des recommandations mises à jour de la NG59. Les besoins cliniques individuels, les décisions partagées et les politiques locales en matière de services restent applicables.

La norme NG59 interdit-elle désormais l'orientation vers des spécialistes en psychologie de la douleur ?

La recommandation NG59 ne préconise plus le recours à une thérapie psychologique ni à des programmes combinant prise en charge physique et psychologique pour le traitement des lombalgies ou de la sciatique. Ce retrait n'empêche toutefois pas l'orientation vers un spécialiste lorsqu'une autre indication clinique ou une recommandation pertinente le justifie. Les kinésithérapeutes doivent expliquer clairement les raisons justifiant toute orientation vers un spécialiste.

Cette mise à jour modifie-t-elle les recommandations de 2020 concernant les traitements médicamenteux de la sciatique ?

La mise à jour de juillet 2026 ne modifie pas les recommandations pharmacologiques de 2020. Les restrictions et recommandations existantes concernant les médicaments utilisés dans le traitement de la sciatique restent donc en vigueur. Les prescripteurs doivent continuer à se conformer aux sections correspondantes de la NG59.

Les kinésithérapeutes devraient-ils cesser d'utiliser les outils de stratification des risques ?

Le NICE a supprimé la recommandation d’utiliser la stratification des risques pour sélectionner un accompagnement plus intensif. Les kinésithérapeutes ne doivent pas nécessairement renoncer à des outils tels que STarT Back, mais les parcours de soins locaux ne doivent plus considérer la logique de leur parcours psychologique comme une exigence de la directive NG59. Les services doivent donc revoir en conséquence leurs modèles, leurs consignes d’orientation et leurs protocoles de premier contact.

Quelles sont les recommandations actuelles en matière de soins de kinésithérapie ?

Le NICE maintient ses recommandations concernant l’autogestion, les programmes d’exercices en groupe et la promotion du retour au travail. La thérapie manuelle reste une option uniquement dans le cadre d’un programme thérapeutique incluant des exercices physiques. Les restrictions relatives à l’imagerie médicale et les recommandations concernant les traitements invasifs restent également inchangées.

Où les kinésithérapeutes peuvent-ils consulter la mise à jour officielle ?

Le NICE publie la version actuelle sur la page consacrée à la recommandation NG59. Les informations relatives aux mises à jour de cette page et l'historique des recommandations font état des modifications apportées le 29 juillet 2026. Les praticiens doivent utiliser cette version plutôt que les documents archivés relatifs aux protocoles de prise en charge ou les résumés locaux.

Kevin Kaminyar
Responsable mondial de la croissance